Kyary Pamyu Pamyu - Nanda Collection

chronique - 03.03.2014 06:00

La princesse de la J-Pop conservera-t-elle son titre avec la sortie de son deuxième album ?

Écrit, composé, réalisé et produit par NAKATA Yasukata (célèbre producteur japonais connu pour avoir fondé le groupe Capsule et produit, entre autres, l’artiste MEG ainsi que le trio Perfume), Nanda Collection, le deuxième album de la princesse de la J-Pop Kyary Pamyu Pamyu, est en réalité, comme son titre l’évoque, un petit bordel d’environ 47 minutes où plusieurs courants de la musique électronique s’entrechoquent.

Le terme électro peut sembler vague de prime abord, car la musique électronique n’est finalement qu’un moyen de vulgariser une production réalisée à l’aide d’ordinateurs et / ou de machines. Outre la racine incontestable du mouvement J-Pop, Nanda Colletion explore certaines facettes de la musique dite électronique. Il n’est donc pas rare de trouver sur cet album des pistes apparentées aux styles house music, dance, eurodance, dubstep, voire plus surprenant, à quelques éléments et instruments empruntés au jazz.

Après une introduction plutôt courte aux sonorités festives, l’album débute dans le vif avec le single Ninjari Ban Ban, une chanson relativement dynamique et facile d’accès. Malheureusement, cette mise en bouche convaincante va rapidement apporter son lot de déceptions et l’engouement retombe aussi vite qu’il est arrivé.

Car le véritable intérêt d’une artiste telle que Kyary Pamyu Pamyu est de pouvoir associer, et apprécier à sa juste valeur, une écoute : la musique, avec un visuel : un spectacle ou un clip. Seulement, sans tous ces à côtés, Nanda Collection se révèle être un album plutôt monotone, voire fade et sans réel élément accrocheur.

En dehors des singles Kimi ni 100 Percent, Invader Invader et Furisodation, ce dernier étant le plus réussi de tous, un sentiment de frustration se fait ressentir très rapidement. Plus les minutes passent, plus les titres défilent et plus il est compliqué d'être en harmonie avec l’album. Mention particulière toutefois pour la reprise de Super Scooter Happy des Capsule, qui rehausse très légèrement le tout grâce à des arrangements originaux.

Nanda Collection se révèle être un disque assez redondant et répétitif, sans de véritables prises de risques. Et si la petite voix nasillarde de Kyary Pamyu Pamyu peut amuser au début, cette dernière devient un peu trop rapidement insupportable.

En conclusion, dire que Nanda Collection sonne comme un album cheap serait une insulte à NAKATA Yasukata, qui nous a pourtant habitué à des productions riches, techniques, incisives et mélodiques. L'opus peut diviser dans le bon, comme dans le mauvais, de par son parti pris pour l’excentricité du personnage de Kyary Pamyu Pamyu, ainsi que par son orientation artistique complètement décalée. Mais n’en attendez pas plus : Nanda Collection ne fait pas partie de ces disques qui marqueront les esprits et que l'on prendra plaisir à réécouter dans quelques années.
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