Interview avec HuV

interview - 19.04.2014 07:00

Interview de HuV : trois amis d’enfance originaires d’Okinawa poursuivent leurs rêves comme groupe de visual kei à Tokyo.

Après sa sensationnelle performance secrète au Ikebukuro Cyber le 2 février, JaME s’est entretenu avec le groupe de visual kei HuV pour parler des origines du groupe, de ses récentes sorties et de ses projets futurs.


Pouvez-vous, s’il vous plaît, vous présenter ?

Makoto : Je suis le chanteur, Sokei Makoto.
Nao : Je le guitariste, Okuhira Nao.
Aki : Je suis le bassiste, Yonamine Aki.


S’il vous plaît, parlez-nous du concept de HuV.

Makoto : L’un de nos concepts est la combinaison de mélodies entraînantes et de sons undergrounds. Dans notre ancienne formation, nous étions assez pointilleux sur la création des mélodies, mais nous sentions qu'il nous fallait un accompagnement plus agressif. C’est donc ce que nous avons décidé de faire en formant le nouveau groupe, HuV. (Note : ce sont les mêmes membres qui jouaient auparavant dans GLACIER, lequel est devenu major en 2008 et est actuellement en pause)


Pourquoi avoir choisi le nom HuV ?

Makoto : Ensemble, nous avons pensé à plusieurs noms en essayant d’en trouver un sympa. Mais après tout, bien que nous n’essayons pas de le vendre, nous sommes une bande d’amis originaire d’Okinawa. Donc quelque soit notre façon d'y réfléchir, au final, quelque chose en lien avec Okinawa revenait toujours. Au début, c’était une blague, du genre « Ne devrions-nous pas nous appeler « habu » ? ». (Note : une espèce de vipère d’Okinawa) « Non, pensons à quelque chose de plus cool ! ». Après deux heures de réflexion, nous sommes restés sur « habu » (rires).
Nao : Ensuite, nous avons réfléchi à la manière de l’orthographier et nous avons décidé de l’écrire comme HuV. (Note : en japonais, « huv » se prononce de la même manière que « habu ».)


Vous dites être avant tout une bande d'amis, mais pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les origines du groupe ?

Nao : Nous avons formé HuV l’année dernière, le 26 juillet. Auparavant, nous jouions ensemble dans GLACIER. C’est ainsi que nous en sommes venus à former ce groupe. A la base, nous sommes amis depuis le jardin d’enfants. Nous sommes originaires de la même ville, nous avons été dans la même école du primaire jusqu’au lycée. Nous avons monté un groupe au collège. Et dès lors, nous avons continué jusqu'à aujourd'hui, tous les trois.
Makoto : Ma réponse est plutôt en lien avec la précédente question. Mais quand nous étions petits, nous avions réfléchi à un nom pour notre groupe d’amis, et déjà à l’époque, nous nous étions appelés « habu Rengou ». (rires) (Note : « habu union » était le nom utilisé par les membres quand ils jouaient en concert avant la formation officielle de HuV). Nous ne pouvons pas dire à quel moment le groupe s’est formé puisqu'il existait déjà à l’école primaire (rires). C'est juste que HuV est plus récent.


Quelle musique vous influence ?

Aki : Comme nous jouons ensemble depuis longtemps, la musique que chacun de nous écoute vient de différentes scènes. Notre musique actuelle résulte des similarités présentes dans nos goûts musicaux. De profondes mélodies et des morceaux denses. C’est ce que j’aime le plus. En concert aussi. Makoto est agressif : il va dans le public et demande aux fans de venir devant (rires). C’est vraiment une combinaison de mélodies et d’agressivité que nous voulions continuer à faire.
Nao : Malgré le fait que nous écoutons des genres musicaux différents, nous aimons tous lorsqu'il y a une mélodie bien distincte. Ainsi, par exemple, nous avons aussi des chansons folkloriques d’Okinawa en tête. Et c’est ce à quoi nous pensons quand nous faisons de la musique en tant que HuV. Nous gardons la mélodie comme base et à partir de là, nous décidons quel type de chanson nous voulons faire.


Donc vous vous connaissez depuis longtemps. Pouvez-vous nous raconter quelques anecdotes intéressantes sur les uns et les autres ?

Makoto : Quand nous avons aménagé à Tokyo, nous avons vécu ensemble. Il y a beaucoup d’histoires intéressantes de cette période. Quand nous vivions ensemble, nous nous étions répartis les tâches. Nao était responsable de la cuisine. Aki devait établir les règles, comme les jours où nous devions nettoyer l’appartement. Et moi, j’étais libre (rires). S’il y avait des en-cas dans la maison, ils étaient tous pour moi. Les jus de fruits dans le réfrigérateur aussi.
Nao : S’il n’y avait pas de nom écrit sur la nourriture, c’était mangé par quelqu’un. Nous avons alors commencé à mettre nos noms sur la nourriture dans le réfrigérateur (rires).
Aki : Nous nous sommes souvent disputés à ce propos. Je venais à la maison, et tous mes en-cas avaient disparus.
Nao : Nous étions vraiment affamés à l’époque, alors nous nous battions pour du pain (rires).
Makoto : Je voulais manger, Nao voulait cuisiner et Aki voulait diriger. Je pense que nos personnalités sont vraiment ressorties à travers ça.


Si vous n’aviez pas été musiciens, qu'auriez-vous fait ?

Aki : J’ai pensé une fois à travailler dans un aquarium. Apparemment, il existe un poste où tu peux aller attraper des requins-baleines, et j’ai même eu quelques jours d’essai là-bas. J’ai essayé de travailler, mais ces deux-là sont venus chez moi et m’ont dit, « Veux-tu venir avec nous à Tokyo ? ». Alors, j’ai abandonné tout de suite la pêche aux requins-baleines. Et puis il n'y a qu'un aquarium à Okinawa, donc les chances d’y être embauché sont minces.
Nao : Avant de commencer la musique, j’ai toujours fait du sport. J’ai commencé avec le volley-ball, puis j’ai fait du football. Je pense que j'aurais joué au football, et que mon travail aurait été en lien avec les sports. Aussi, après avoir déménagé à Tokyo, j’ai commencé à cuisiner et j’ai voulu échanger une guitare contre des couteaux (rires). Mais malgré tout, je suis resté avec la guitare.
Makoto : Quand j’étais petit, quand on nous demandait ce que nous voulions devenir plus tard, j’écrivais toujours « une célébrité » (rires). Je pense que c’était la seule issue. Si ça n’avait pas été dans la musique, ça aurait été sous une autre forme.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus à propos des différences entre les scènes musicales d’Okinawa et de Tokyo ?

Makoto : La distance entre les fans et les musiciens est différente : c’est plus proche. D’après ce que nous avons entendu par le passé, la musique est une partie intime de la vie des gens. C’est quelque chose qui appartient à la personne. Alors cette culture originale conduit à une distance différente entre les artistes et les auditeurs, laquelle est très intéressante. A Tokyo, c’est plus du business, où l’argent importe, et l’excitation est différente pendant les concerts. C’est la plus grosse différence que je ressens.


Est-ce qu’être d’Okinawa a une influence sur votre groupe en particulier ?

Makoto : Quand nous avons commencé nos activités l’année dernière, pendant la moitié de l’année, nous travaillions à la fois à Tokyo et à Okinawa. Et nous avons ressenti cette liberté avec les habitants d'Okinawa qui n’était pas présente à Tokyo. Dans le bon et le mauvais sens du terme. Par exemple, lorsque les gens arrivent en retard à la salle de concert, car les habitants d’Okinawa ne sont pas ponctuels. Ou lorsqu'à notre concert d’aujourd’hui, nous avons changé spontanément la setlist. De fait, c’est peut-être exagéré, mais je suis heureux de ne pas être limité à une règle stricte et que nous soyons d’Okinawa.


Vous avez sorti deux singles : Hana, yurame en décembre et Shounen no ao –last song- en janvier. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces deux opus ?

Makoto : Avant ça, nous avions sorti notre premier CD, B.R.N sky. Il contenait des parties instrumentales puissantes et autant de mélodies entraînantes. Nous avons donc pensé à ce que nous voulions sortir ensuite. Et nous nous sommes dit que nous devions y aller progressivement. Nous sentions que le thème « des saisons » était quelque chose d’important pour nous. C'est de là que vient le nom de la chanson Hana, yurameku (note : une fleur vacillante). Le mot « fleur » représente la neige et « vacillante » fait à la fois référence à la neige artificielle et aux tempêtes de neige. Une fois encore, nous avons essayé de créer un équilibre entre l’agressivité et les sons accrocheurs, tout en transposant notre vision du monde dans cette chanson. Nous avons décidé de sortir deux singles consécutifs dès le début. Et pour le second opus, nous voulions faire quelque chose de totalement différent. Shounen no ao est une chanson qui existe depuis très longtemps, bien avant que HuV soit formé. Et à l'origine, c'est un morceau que nous voulions jouer rarement pendant de grands concerts, comme en oneman. Mais puisque nous voulions faire quelque chose de totalement différent par rapport à nos premiers CD, nous avons arrangé la chanson en y ajoutant des notes de piano douces. Bien plus qu'une chanson calme et lente, c'est devenu un nouveau morceau représentant une nouvelle facette de notre musique.


Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les paroles de ces titres ?

Makoto : Avant d'écrire les paroles de Hana, yuramehu, nous avons décidé de faire de l'hiver le thème de ce morceau. Puisque interpréter un thème peut être difficile, j'ai délibérément commencé à écrire sans penser à rien, en essayant de comprendre ce que je voulais faire. La première chose qui m'est venue à l’esprit quand j'ai mis ensemble les mots Hana, yuramehu fut l'image d'une scène. Nous voulions tous en faire une chanson sur l'hiver. Mais en fait, nous en avions déjà écrit une. Donc refaire la même chose ne serait pas intéressant. En y réfléchissant encore, des images de cirque, de scène, et de Nihon Buyou (danse japonaise) me sont venues à l'esprit. Le personnage de cette chanson est une fille amoureuse d’un homme, obligée de danser pour lui exprimer ses véritables sentiments. C’est quelque chose qui ne se limite pas qu’à l’amour, cela passe aussi par la musique, ou autre chose. Les gens sont obligés de danser sur scène, et ce que vous pensiez être de la neige est en réalité une tempête de neige faite de papier. C’est aussi une chanson à propos de notre expérience passée. Être sur scène et sortir des CD, mais aussi être forcé de danser pour quelqu’un, et c’est également quelque chose de vrai en amour. Donc les images de l’hiver et de la scène me sont venues ensemble pour créer cette chanson.
Shounen no ao commence avec ces mots, « cette chanson est tout pour moi ». Cette chanson est le pâle souvenir de ma vie de garçon. C’est la dernière lettre écrite par un personnage, un garçon ; ce sont mes racines. Je suis comme un petit garçon transmettant le message de mes pâles souvenirs à quelqu’un. Et si c'était la dernière fois, ce serait avec ces mots. C'est pourquoi les titres des chansons incluent les mots « dernière chanson ».


Le 28 mars, vous allez donner votre premier concert en solo au Higashikoenji Niamdenatsu. Va-t-il y avoir un thème spécial pour ce live ?

Nao : Nous avons commencé nos activités le 26 juillet 2013, cela fait donc plus d’un an que nous continuons de jouer et de créer de nouvelles chansons. Nous voulons faire un concert pour montrer le HuV actuel ainsi qu’un nouveau HuV, et faire connaître ce que nous allons faire à partir de maintenant. Au-delà d'un simple concept, nous voulons clairement faire ressortir HuV.
Makoto : Quand nous avons commencé HuV en juillet de l’année dernière, nous avions plusieurs objectifs qui ont été réalisés, comme sortir des CD, mettre en lumière notre musique à Okinawa et à Tokyo. Alors nous voulions condenser tout ceci dans un seul concert. Nous souhaitions aussi rassembler nos spectateurs dans un seul cercle, et, de là, avancer vers la prochaine étape. Plutôt que d’avoir un thème pour ce concert, nous mettons en ordre tout ce que nous avons pu créer jusqu’ici. C’est pourquoi le titre de ce live se résume à la date du show.


Pouvez-vous nous dire quelque chose de plus à propos de vos projets futurs?

Aki : Nous avons plusieurs annonces à faire, mais nous voulons les garder pour le concert solo. Alors s’il vous plaît, soyez patients. Nous pouvons conclure avec une affirmation « nous voulons élargir le champ de nos activités ». Alors s'il vous plaît, venez à notre concert pour entendre ces nouvelles.


Puisque JaME est international, pouvez-vous nous dire où vous souhaiteriez aller à l'étranger ?

Makoto : L'Allemagne ! Je ne suis pas sûr mais j'ai entendu des rumeurs comme quoi les villes y sont très belles, alors j'aimerai y aller.
Nao : Je veux juste boire de la bière ! (rires)
Aki : Je veux aller aux États-Unis ! J'ai entendu dire que les hamburgers là-bas sont très gros.
Makoto : A cause de la nourriture ? (rires)
Aki : J'ai l'impression que tout est grand là-bas, alors je veux y aller.
Makoto : Je voudrai aller aussi à Taïwan. Ça ressemble à Okinawa sur certains points, donc j'aimerai voir ça. Ce serait franchir une nouvelle étape pour nous que d'aller à l'étranger.


Finalement, pouvez-vous laisser un message à nos lecteurs ?

Nao : Nous venons de débuter nos activités en tant que HuV, mais désormais, nous voulons aussi faire de notre mieux pour transmettre nos chansons et notre bonne humeur partout dans le monde.
Aki : Nous venons de la petite île d'Okinawa où la musique est très prospère, et nous sommes ensemble depuis très longtemps. Je sens que nous possédons quelque chose que nous ne devons pas perdre par rapport à d'autres groupes. Nous voulons diffuser ce quelque chose à travers le monde, alors si vous voulez nous donner une chance, s'il vous plaît venez écouter notre musique.
Makoto : Indépendamment de tout concept, ce que nous pensons être le plus sympathique, c'est être libre. Nous voulons continuer à faire de la musique en toute liberté. Nous souhaitons que vous soyez libre d'écouter nos chansons quand bon vous semble, et que vous veniez à nos concerts. S'il vous plaît venez nous voir.




JaME voudrait remercier le groupe et son staff pour avoir rendu cette interview possible.
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