BABYMETAL - BABYMETAL

chronique - 25.04.2014 07:00

Le choc des cultures : Kawaii xXx Métal.

Depuis quelques mois, la formation BABYMETAL a envahi la Toile à tel point que sa notoriété a dépassé les frontières de l’archipel nippon pour arriver chez nous en Europe.
Cette soudaine visibilité a de quoi surprendre et pourtant, en y regardant de plus près, on constate qu’il aura fallu quatre ans au trio « kawaii métal » pour s’imposer aux yeux du grand public et sortir par la même occasion son premier album sobrement intitulé BABYMETAL.

Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, remontons aux origines du groupe. Cela commence en 2010 avec Sakura Gakuin. Cette formation est composée d’idoles féminines très jeunes. Le concept est de dispatcher les différents membres dans des unités ayant chacune une thématique se rapportant à un club scolaire (celui des majorettes : Twinklestars , celui de la cuisine : Mini-Patissier, celui du journalisme : SCOOPERS….). BABYMETAL est donc l’unité représentant le club de musique heavy.

Une pincée de « kawaii », un soupçon d’originalité, un zeste d’artificiel ainsi qu’une dose de sex-appeal. Voilà la recette du succès de ces trois jeunes demoiselles âgées de 14 à 16 ans.
Le trio se compose donc de la leader et chanteuse principale Nakamoto Suzuka (16 ans) et de deux chanteuses secondaires, Kikuchi Moa (14 ans) et Mizuno Yui (14 ans).

Avant d’entrer dans le vif du sujet, précisons que ce premier album contient entre autres les pistes principales des anciens singles Do・Ki・Do・Ki☆MORNING, Headbanger!!, Ijime, Dame, Zettai, et Megitsune, sans oublier Ii ne (présent dans un album de Sakura Gakuin).
Choix judicieux puisque ce sont toutes des machines à tube.
Pour ce qui est du reste de l’opus, au regard du clip promotionnel inédit Gimme Choko !!!, on constate que l’orientation musicale et visuelle reste la même. Un mélange d'électro / trance et de métal (allant du heavy au power métal), le tout servi par les douces voies de ses chanteuses so kawaii.

Dans l’ensemble, l’album est vraiment réussi. Bien sûr, on pourra reprocher par moment la désincarnation instrumentale. On ne va pas se mentir, les groupes qui ne sont composés que d’interprètes sont souvent tributaires d’une production instrumentale répondant aux tendances du moment. Malgré tout, ce mélange métal / électro peut surement être considéré comme l’une des productions les plus réussies (dans ce style de musique) de ces dernières années. Sans compter ces quelques petits artifices qui rendent le syncrétisme musical encore plus attrayant, comme par exemple l’ajout de sonorités traditionnelles dans Megitsune, ou de dub-step dans U.ki.U.ki★Midnight.
Au niveau vocal, nous distinguons d’un côté les deux chanteuses secondaires qui sont surtout là pour les chœurs et quelques parties en aparté. Ce sont elles qui assurent le show, jouant de leur charme de petites filles craquantes. De l’autre côté, la chanteuse principale, qui possède une réelle puissance vocale. C’est elle qui apporte l’affect aux auditeurs grâce à la qualité de ses interprétations. En outre, nous avons le plaisir de pouvoir écouter des passages chantés (,Benitsuki -Akatsuki-), scandés, rappés (Onedari Daisakusen) et parfois accompagnés d’auto-tune (Ii ne), sans oublier de screams ajoutés dans beaucoup de chansons.

Cependant, cet album comporte plusieurs imperfections. La première, c’est le côté artificiel du groupe, victime d’un formatage excessif. Il faut donc regarder et écouter cette formation au second voire au troisième degré. La deuxième, c’est le contenu des paroles. Heureusement en Europe, le japonais n’est pas répandu, la mélodie et l’interprétation prennent donc le pas sur le sens des textes. Mais si ce n’était pas le cas, il est certain que ça diminuerait la popularité du groupe dans nos contrées. Exemple, dans Onedari Daisakusen (chanson très sympathique au demeurant), on a droit à des choses du genre : « oishii mono ga daisuki » (littéralement : j’adore les bonnes choses...) Mais bon, qu’est-ce qu’on y peut ? C’est kawaii !
Enfin, force est de constater que ce n’est pas un sans-faute en ce qui concerne la setlist. Donc passez votre chemin lorsque vous tomberez sur les chansons Babymetal Death, 4 no uta et Catch me if you can qui, à l’inverse de la plupart des autres titres, ne présentent aucun intérêt vocal et / ou instrumental.

Au final, nous sortons agréablement surpris de l’écoute de cet album. De cet univers haut en couleurs, nous en retenons beaucoup d’énergie et de charme. Le pari était audacieux et, même si l’originalité s’avère quelque peu biaisée par un formatage excessif, il n’en demeure pas moins que la fraîcheur est au rendez-vous.


Note album : 7,5 / 10

La sélection de clips officiels YouTube :

Ii Ne
Megitsune
Ijime Dame Zettai
Headbanger!!
Do・Ki・Do・Ki☆MORNING
Gimme Choko
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