Interview avec HOTEI

interview - 01.02.2016 06:00

Avant sa tournée européenne, JaME a eu l'occasion de s'entretenir avec le guitariste.

Avant le début de sa tournée européenne, JaME s'est entretenu avec HOTEI à propos de son nouvel album, Strangers, de ses collaborations et de sa vie à Londres.


Puisqu'il s'agit de votre première interview avec JaME, pourriez-vous commencer par vous présenter s’il vous plait ?

HOTEI : Je suis un guitariste japonais. Je mesure 1m87 et je pèse 77 kilos. Mon groupe sanguin est B. Je ne suis pas aussi jeune que Justin Bieber mais je ne suis pas aussi vieux que les Rolling Stones. J’ai peut-être les mêmes goûts que vos parents. Au Japon, même la police vient me demander des autographes, mais en France, personne ne me reconnaitrait dans le train. Cependant, vous connaissez sans doute ma chanson Battle without Honor or Humanity. Regardez sur YouTube. Et puis, une autre de mes chansons, Bambina, est très connue en France.


Votre dernier album, STRANGERS est sorti en octobre dernier. Quel genre d’album est-ce ?

HOTEI : C’est un album de rock moderne, plein d’originalité. Peut-être qu’en l’écoutant, les gens se diront qu’il y a comme un scénario entre chaque piste car chaque chanson est très cinématographique. Je peux dire que sur toutes les chansons ayant nécessité une collaboration, chaque artiste joue un personnage bien distinct, mis en valeur par la musique. Parfois, les albums instrumentaux peuvent être un peu ennuyeux, mais si vous écoutez mon jeu de guitare, vous allez avoir envie de vous saisir de la vôtre et de vous mettre à jouer.


Beaucoup d’artistes ont participé à cet album. Comment cela s'est-il passé ?

HOTEI : Pour la collaboration avec Iggy Pop, j’ai emporté une chanson et ma guitare jusqu’à Miami. Bien que sa perception de la musique soit assez sauvage, lui-même est, au contraire, gentleman et très intelligent. Je n’ai pas de mots pour décrire à quel point j’étais fasciné de voir mon idole chanter ma chanson face à moi. Avec Richard Zven Krupse de Rammstein (il a cependant son propre groupe désormais, nommé Emigrate), nous avons commencé par un meeting sur Skype, avant d’échanger virtuellement les chansons et son propre travail. C’est devenu tellement pratique, vous n’avez plus besoin d’être dans la même pièce ! Il suffit d’échanger des données via Internet ! Avec Matt Tuck de Bullet For My Valentine, nous nous sommes rencontrés en studio, et avons eu une discussion créative en tête-à-tête. C’était sa première collaboration en dehors de son groupe, alors il semblait un peu nerveux. Mais le courant est très vite passé entre nous, donc il ne nous a fallu que quelques jours pour tout terminer. Cette chanson, nommée Kill to Love You, est basée sur les impressions de Quentin Tarentino réalisant un James Bond.


Avec qui aimeriez-vous collaborer la prochaine fois ?

HOTEI : Mon artiste favorite du moment est St. Vincent. C’est une chanteuse et une guitariste incroyable. J’espère vraiment avoir l’opportunité de travailler avec des artistes hip-hop. J’adorerais travailler pour un film de James Bond et sur un projet de Tim Burton. Et bien sûr, j’adorerais bosser avec des artistes français. Si vous avez des personnes à me recommander, n’hésitez pas ! Au fait, qui est le guitariste n°1 en France ? J’adorerais me lancer dans une « guitar battle ».


Sur STRANGERS, ce n’est pas vous qui chantez mais des artistes invités. Qu’est-ce qui a influencé cette décision ? Pensez-vous chanter à nouveau ?

HOTEI : Quand j’ai décidé de me lancer sur la scène internationale, j’ai voulu me concentrer sur ma guitare qui est mon « arme » de prédilection. Ça m’a donné l’opportunité de travailler avec de nombreux chanteurs et musiciens. En ayant des musiciens différents, je peux montrer un éventail plus large de mes talents en tant que guitariste et compositeur. Mais ne pensez pas que j’ai abandonné le chant. Quand vous viendrez au concert, vous me verrez chanter ! Je m’attends à un public japonais, donc je chanterai en japonais aussi.


Comment vous sentez-vous à l’approche de votre tournée européenne ?

HOTEI : J’ai joué plusieurs fois à Berlin, mais ce sera ma première fois à Paris et à Amsterdam. J’ai hâte de rencontrer mes fans dans chaque ville. Le groupe est plus soudé alors je suis impatient de voir les réactions de tout le monde.


Noko et Shea Seger faisaient partie des artistes vous ayant rejoint au concert donné à Islington. Qui vous accompagnera sur cette tournée européenne ?

HOTEI : Il y aura Cliff Hewitt à la batterie, Noko à la basse et moi-même. Un trio. Ce sera très intime et je me suis dit qu’avec un plus petit groupe, on peut créer des mélodies plus intenses. Par ailleurs, ils sont tous les deux dans un groupe qui utilise tout le potentiel de la technologie, alors si vous fermez les yeux, vous ne croirez jamais que nous ne sommes que trois.


Depuis le début de votre longue carrière, comment avez-vous grandi en tant qu’artiste ?

HOTEI : Peut-être que je me suis amélioré à la guitare ? Avant, j’avais tendance à superposer les sons mais maintenant je suis plus à l’aise avec les sonorités épurées. Grâce à mon expérience des sessions et en collaborant avec de nombreux artistes, j’ai appris à saisir ce que les autres ressentent. Mais si la question est de savoir si j’ai grandi mentalement, la réponse est « je n’en ai pas l’impression ». J’ai toujours l’impression d’être ado. Je suis toujours ce jeune homme qui découvrait le rock’n’roll !


Pourriez-vous s’il vous plait partager l’un de vos meilleurs souvenirs ?

HOTEI : Il y a eu tellement de moments mémorables au cours de mes 35 années de carrière. En 1996, j’ai eu la chance de me produire avec un orchestre à la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques d’Atlanta. En 2014, j’ai eu l’honneur de me tenir sur la même scène que les Rolling Stones en tant qu’invité spécial. Mais si je devais choisir le moment le plus mémorable de mon existence, ce serait le jour où j’ai joué avec David Bowie, mon éternel héros. Je n’ai jamais été aussi nerveux de toute ma vie puisque je le considérais comme mon idole et mon mentor. Je me suis vraiment senti heureux au plus profond de moi d’avoir décidé de devenir guitariste. Ça ne doit pas être facile de collaborer entre chanteurs. Mais je dois avouer que chaque concert est un moment spécial pour moi. J’ai hâte de vivre un autre « moment spécial » lors de mon concert à Paris.


Qu’avez-vous ressenti en apprenant la mort de David Bowie ?

HOTEI : Il n’y a pas de mots pour expliquer à quel point j’étais choqué. Je me suis senti engourdi pendant plusieurs jours. Si je ne n’avais pas découvert sa musique à 14 ans, je ne serais pas ici. Voilà à quel point il m’a influencé. La chose la plus incroyable chez lui, c’est qu’il n’avait jamais peur des changements. Il trouvait toujours de nouveaux défis à relever et continuait à profiter de ces challenges lui-même. Il est impossible de reproduire son mode de vie, mais je suis si fier d’être un de ses fans. J’aimerais vivre de défis et apprécier chaque moment. J’espère qu’il y aura quelqu’un qui m’acclamera par des applaudissements fournis le jour où je quitterai ce monde.


Vous vivez à Londres depuis 2012. Comment est-ce de vivre dans cette ville comparé à Tokyo ? Avez-vous expérimenté une sorte de « choc des cultures » ?

HOTEI : Je suis très grand pour un Japonais, donc partout où je vais, je surplombe la foule. C’est pour ça que je ne prends pas les transports en commun et que j’ai toujours été conscient du regard des autres. Cependant, à Londres, j’ai trouvé une nouvelle liberté qui me permet de prendre les transports avec ma carte Oyster ! Tokyo est une ville très bien organisée. Je me retrouve parfois dans des situations compliquées à Londres. Le wi-fi est très lent ! Mais je crois vraiment que si vous avez trop l’habitude d’être dans un environnement serein, vous perdrez peu à peu le sens de l’humanité. J’apprécie vraiment ma vie ici avec tous ces espaces verts. Et puis la « pluie », le « fish and chips » et aussi jouer avec les écureils dans le parc !


Quels sont vos prochains objectifs ?

HOTEI : En jouant dans de plus petites salles de concert, j’aimerais toucher tout le monde par ma musique. C’est de cette façon que je veux entretenir le lien avec les fans et me faire de nouveaux fans. Et j’aimerais jouer dans le monde entier. Espérons qu’à chaque arrêt, les gens me salueront par un « Bon retour parmi nous ! ». Attendez, avant, je vais essayer de vous convaincre d’afficher mon poster dans votre chambre !! (rires)


Auriez-vous un dernier messages pour vos fans européens ?

HOTEI : J’ai hâte de vous rencontrer ! S’il vous plait venez voir ma guitare en live ! Je peux vous assurer que vous apprécierez. Garanti avec le meilleur son de guitare et les meilleurs rythmes dansants ! Rejoignez-nous pour ce show intime exclusif. Et n’oubliez pas d’écouter l’album Strangers avant le concert.


JaME tient à remercier HOTEI et B7Klan pour avoir rendu cette interview possible.




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