girugamesh à la Maroquinerie

live report - 06.06.2016 07:00

L'ultime concert de girugamesh en France. Un adieu vibrant d'émotions.

C'est à la Maroquinerie, le 20 mai, que girugamesh a décidé de donner son dernier concert sur le sol français, avant sa séparation annoncée pour le mois de juillet. C'est donc dans une ambiance fébrile que l'on sent déjà chargée d'émotion, et après une première partie décevante, que le quatuor fait son entrée en scène.

Les cris fusent aussitôt alors que débute chimera, issue du dernier mini-album de la formation, et dont la tournée actuelle porte le nom. Les fans se montrent immédiatement présents et la fosse s'agite sous la puissance de la batterie, des riffs de guitare et de basse, et des growls du chanteur. Il semble que l'attente depuis la dernière venue de girugamesh en 2014 ait été trop longue pour le public français.

Après trois titres issus des sorties les plus récentes du groupe, la setlist réserve une première bonne surprise avec Vermillion et CRAZY FLAG, chansons plus anciennes et plus puissantes que l'auditoire connait bien et qu'il reprend en cœur avec enthousiasme. Dès lors la tension ne semble plus vouloir redescendre puisque les morceaux denses se suivent les uns après les autres avec une très bonne fluidité, donnant l'occasion à la foule de hurler tout son soûl. La machine girugamesh est bien au rendez-vous, toujours aussi efficace. Ses douze années d'existence ne semblent pas l'avoir rouillée une seule seconde, mais au contraire, donné une maturité et une assurance dont il est jouissif de pouvoir profiter à nouveau dans nos contrées.

C'est alors que survient la première ballade de la soirée et pas n'importe laquelle puisqu'il s'agit de Fukai no yami, chanson issue du tout premier album de girugamesh sorti en 2006. Dès les premières notes de guitare, quelques cris de surprises, de joie ou d'excitation fusent avant que le silence ne se fasse, la foule buvant littéralement la moindre note, la moindre parole prononcée. Le titre délivre en live toute l'émotion dont il est imprégné et a sans doute fait vibrer ce soir-là plus d'un cœur de fan de la première heure.
Les cris de désespoir de Satoshi et les dernières notes de guitare finissent ainsi de broyer l'âme de la foule avant qu'Ishtar ne prenne le relais. girugamesh se plait à jouer avec la corde sensible et laisse transparaitre ce qui a fait pendant bien longtemps toute sa force : une émotion à fleur de peau soulignée par une instrumentation de qualité et surtout, la voix pleine de nuance et de sensibilité du chanteur.

C'est dans un silence vibrant que s'achève le titre avant que des morceaux plus dynamiques viennent reprendre la relève. Ainsi débute Real my place sur laquelle Satoshi fait encore preuve de ses plus belles capacités vocales, pour le plus grand bonheur des nostalgiques.
Les titres plus récents s'ensuivent comme Drain, Driving Time ou Horizon qui ne manqueront pas de faire danser et crier la foule. Les sourires de Satoshi sont d'ailleurs de plus en plus fréquents face à une telle réactivité. Le public parisien est plus que jamais présent. Bien décidé à profiter à 200% du dernier concert du groupe dans nos contrées et à lui faire honneur, magnifique signe d'un dernier adieu.

A l'image de son public, la formation semble d'ailleurs inépuisable. Satoshi ne cesse d'aller chercher les fans, tandis que Nii et ShuU s'approchent à tour de rôle de la fosse en headbanguant furieusement. Derrière sa batterie, Яyo n'est pas en reste. N'hésitant pas à se lever, à crier et à pousser la foule à frapper dans ses mains en rythme.
Nouvelle explosion de joie et bonne surprise lorsque débute evolution. Boosté aux sons plus électroniques, ce titre ramène une nouvelle fois aux premières tournées du groupe en Europe et a le mérite d'être un excellent titre en live. Le public chante, hurle, crie, danse, se déchaine une nouvelle fois, pour le plus grand plaisir des musiciens.

C'est avec la bien nommée et poignante END que girugamesh met un terme à la setlist et sort de scène. La foule ne compte pas laisser la soirée se terminer si vite et rappelle énergiquement la formation qui ne se fera pas prier bien longtemps.

Le rappel est pour le moins éclectique avec la dansante Zecchou Bang!!, la dynamique gravitation et enfin l'excellente BREAK DOWN, ou tout du moins la meilleure de ces trois derniers morceaux. Fans et musiciens puisent dans leurs dernières ressources pour offrir de part et d'autre le meilleur d'eux-mêmes. C'est dans l’apothéose la plus totale que se conclut l'ultime concert de girugamesh en France, les « merci » et « arigatou » nombreux fusant de la scène comme de la fosse.

Ainsi, girugamesh a su offrir à ses fans français un excellent concert d'adieu, la setlist jonglant astucieusement avec les morceaux tirés de l'ensemble des douze années de carrière de la formation. Le public s'est montré à la hauteur du groupe et a su lui montrer une dernière fois toute son admiration et sa gratitude.
Ainsi s’éteint, dans les cris et la sueur, la puissance et le désespoir, l'émotion la plus vibrante et la violence la plus crue, l'un des groupes qui aura sans doute le plus marqué ces dernières années la scène japonaise à l'étranger. Un groupe qui a su grandir, évoluer, devenir plus mature, faire des erreurs, prendre des risques et finalement s'arrêter au bon moment.
Ne reste plus qu'à suivre d'un œil curieux l'évolution prochaine des quatre musiciens et à leur souhaiter la meilleure des réussites sur la nouvelle voie qu'ils se seront choisie.


Setlist :

-chimera-
wither mind
Go ahead
Vermillion
CRAZY-FLAG
VOLTAGE
Slip Out
INCOMPLETE
FUKAI NO YAMI
ISHTAR
Real My Place
Drain
ZANTETSUKEN
Driving Time
Horizon
Another way
Evolution
END

Rappel :
ZECCHOU BANG!!
gravitation
Break Down
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