Moi Dix Mois à l'Elysée Montmartre

live report - 16.12.2007 13:00

Live report de la tournée DIXANADU~Fated"Raison d'être" à l'Elysée Montmartre de Paris le 27 octobre 2007

Dernière date de la tournée européenne DIXANADU ~Fated"raison d'être"~, ce concert de Moi Dix Mois se devait d’être exceptionnel. D’une part, car le live était enregistré pour le futur DVD du groupe, et d’autre part, car il fallait se racheter de la semi déception qu’avait été la tournée Beyond The Gate, que beaucoup avait trouvée frustrante à plus d’un titre.
Le groupe se devait donc ce soir là de réaliser un show exceptionnel, chose qu'il a réussi haut la main, dépassant même les espérances les plus folles !


Live Puissance DIX !


Après une ouverture des portes à 18h30, c’est environ un millier de personnes qui remplissent l’Elysée Montmartre. Une excellente affluence, compte tenu de la publicité inexistante et du live de The Gazette la veille au Bataclan.

Aux alentours de 20 heures, les lumières s’éteignent et une ambiance gothique, presque ecclésiastique se crée, pendant que les membres du groupe s’installent un à un sous les acclamations du public, qui se feront bien sûr de plus en plus fortes, le summum étant atteint lorsque Mana fait son apparition.
Seth surgit lui au tout début de Metaphysical, morceau qui entame une setlist principalement axée sur le dernier album en date du groupe, DIXANADU. Excellente chanson qui introduit à merveille le public à l’univers du groupe !

Et là, première constatation : on est surpris par la qualité du son ! On savait que le live serait enregistré pour le DVD, mais ce soir là, tous les instruments sont parfaitement audibles. Des deux guitares à la basse, tout est limpide, jusqu’à la voix du chanteur qui se laisse entendre sans bouffer les musiciens. En clair, le premier point positif de la soirée est à mettre au crédit de l’ingénieur son, qui a livré un boulot énorme ce soir là.

La seconde chanson du live sera Exclud, introduite par le guitariste du groupe K, qui sert d’intermédiaire entre le groupe et son public ce soir là. Vient alors la seconde remarque : il ne s'agissait pas d'une seule chanson ; c'est en fait l'ensemble du dernier album du groupe qui est taillé pour la route, rendant bien mieux qu’en studio. Seth laisse ici exploser son énorme talent de chanteur : très peu de fausses notes et beaucoup d’émotions parsemant ses vocalises, ce qui n’était pas aussi audible dans les versions studio.

Une fois le morceau terminé, K, apparemment en état de grâce ce soir là, se permet d’exciter la foule, allant même jusqu'à crier un "Are You Ready to scream ???", un "Allez bande d’enculés!!!!", auquel le public répond par un grand "OUIIIIIIII !!!" - les Français et la langue anglaise, une grande histoire d’amour !
D’ailleurs, évoquons les spectateurs présents ce soir là, qui constituent le gros point noir de la soirée : très décevants et parfois carrément irrespectueux envers les autres, n’hésitant pas à insulter, se frapper, voir se marcher dessus pour être mieux placés ou avoir un petit médiator du groupe, mais aussi pas loin de la léthargie pendant les chansons, se contentant de bouger les mains en rythme avec la musique.

Mais quand même ! Quand le groupe headbangue en rythme, et que K crie au public de reprendre les chansons, ce dernier reste mou et a un temps de réaction plus que spectaculaire pour chanter les refrains ou reprendre les gimmicks de la formation...
Suit alors Night Breed, une des premières compositions du groupe, ressorti de Shadows Temple, génialissime pour ce qui est de faire bouger le public, vu le peu de chant et son rythme plus qu’entrainant, aux limites de l’électro par bien des moments.

Et c’est dans ces moments là qu’on s’aperçoit de l’ampleur qu’ont pris les musiciens de Mana dans son groupe. Bien sûr, il y a Sugiya et Hayato, respectivement bassiste et batteur, très en retrait par rapport aux autres, mais jouant parfaitement leurs partitions, que ce soit les lignes puissantes de basse ou bien la parfaite maîtrise de la double pédale du batteur. Ces deux là s’en tirent plus qu’honorablement et jouent un rôle essentiel dans la réussite musicale du spectacle.


Coté K


On a aussi pas mal glosé sur le départ controversé de Juka, et encore plus sur son remplacement par Seth, mais il faut dire que la comparaison entre l'actuel chanteur de la Sherow Artist Society tel qu’il était à l’époque et le nouveau frontman de Moi Dix Mois est éloquente. Que ce soit en terme de charisme, de présence, et même vocalement, l’ancien chanteur ne tient pas une seconde par rapport au nouveau. Ce dernier occupe la scène avec une prestance vraiment impressionnante, mais se révèle aussi dans ses vocalises beaucoup plus puissant et extrêmement varié, avec une palette vocale très bien utilisée.

Il n’y a, pour s’en rendre compte, qu’à écouter les nouvelles versions des chansons extraites des deux premiers albums. Là encore, tandis qu’en CD on pouvait rester sceptique, Seth leur donne sur scène un visage totalement différent. Last Temptation se voit sublimée par ses vocalises, qui ajoutent à la chanson une mélancolie et une ampleur qui n’étaient pas aussi présentes sur l’ancienne version.

De plus, celui-ci n’hésite pas à utiliser une death voice qui accompagne à merveille celle de K : un excellent complément, donnant un résultat très réussi. D’ailleurs, on ne sait toujours pas où Mana est allé dégoter un tel talent, mais l’autre guitariste a pris une importance telle dans le groupe que le chanteur est désormais indispensable à son aura.

Diaboliquement charismatique du haut de ses deux mètres, celui-ci se fait le grand showman de la soirée, éclipsant parfois même ses deux acolytes, jetant des regards noirs au public pendant qu’il joue (c’est sûr que c’est plus facile dans son cas que lorsque l’on fait 1m40), mais aussi, et surtout, communiquant souvent avec lui, et ayant même fait l’effort d’apprendre des phrases en français. La communication sera poussée à l’extrême sur Dispell Bound, où le guitariste demande aux spectateurs de reprendre une chorégraphie, à savoir faire le D, le I, le X, et le DIX. Petite anecdote de la soirée, il profitera également du show pour exhiber sa nouvelle guitare.

Mais comment parler de Moi Dix Mois sans évoquer sa tête pensante, Mana. Tout de blanc vêtu ce soir là, comme ses acolytes (enfin K avait un haut blanc et des résilles noires, c’est un bon début), il possède le don de charmer son public grâce à un mystère follement attirant et un charisme très différent de ses acolytes, qui se ressent dans un jeu de scène très sobre, presque crispé par moment, allant de pair avec son attitude. Son jeu de guitare est très bon ce soir là, même s'il s’avère nettement moins spectaculaire que celui de l'autre guitariste. Il prend également soin d’exhiber fièrement au public - devenant alors incontrôlable - ses jeunes filles (du nom de ses guitares), en prenant place sur le devant de la scène, toute croix illuminée dehors.

Que ce soit pour le DVD ou parce que le public était présent, on sent le leader du groupe heureux d’être là, et pendant Immortal Madness, celui-ci prend une caméra pour filmer la foule, se réveillant subitement pour faire alors le maximum de bruit, pour un moment qui fera, à n’en point douter, un excellent bonus.

Mana est donc toujours aussi présent dans le groupe, mais formant désormais, avec K et Seth, un trio fort, au charisme indiscutable, et maintenant indissociable de son groupe tant ses deux musiciens ont pris une grandeur et une importance prépondérante au sein du groupe pour sa réussite.


Apocalypse Now


Le concert se "termine" par deux morceaux de choix. Tout d'abord Vizard, une des seules chansons des premiers albums chantée telle quelle, où le public n’hésite pas à reprendre le "Vice ! In Vice!" en choeur avec K et Seth, qui n’hésite pas à donner de la voix. Ce dernier, sourire en coin, annonce dans un second temps la dernière chanson, Forbidden, ce qui aurait pu être crédible tant le chanteur rend sa voix émotive sur ce morceau, doté d’une puissance qui aurait fait un excellent final de live.

Mais les lumières, ne se rallument pas, même après qu'Hayato ait balancé au public des peaux de batteries, et après cinq longues minutes pendant lesquelles les spectateurs scandent le nom du groupe, celui-ci revient avec Xanadu, certainement la chanson la plus touchante de tout le show, par sa très belle mélodie et les variations dans les vocalises de Seth, extrêmement réussies.

La fin de la chanson s’enchaine alors avec Lilac Of Damnation, puis vient le final, totalement apocalyptique, avec l’excellente Deus Ex Machina, chanson véritablement taillée pour le live, où K finit presque à terre, micro à la main, dictant au public un Criez pour nous !, qui répond immédiatement en participant au chant.

Le concert se finit donc en apothéose, et après la traditionnelle jetée des médiators par les guitaristes, les lumières se rallument, et en seulement 1h40 de show ininterrompu pendant laquelle le public n'a pas vu le temps passer, Moi Dix Mois vient de se mettre Paris dans la poche.


On peut dire que la formation a fait oublier la pseudo déception (pour la majeure partie du public) du live de 2006, et ce malgré une setlist principalement axée sur DIXANADU, qui se révèle néanmoins surpuissant en live et la bande à Mana a laissé ce soir une excellente impression.

Amplifiée par une présence rare de la part des trois membres principaux du groupe et à peine entachée par un public un poil décevant, cette date promet un DVD tout bonnement indispensable.

DU TRES GRAND ART !


Setlist :
1- Intro
2- Metaphysical
3- Exclud
4- Night Breed
5- Vain
6- A Lapis Night Dream
7- Lamentfull Miss
8- Last Temptation
9- Perish
10- Dispell Bound
11- Angelica
12- Immortal Madness
13- Unmoved
14- Neo Pessimist
15- Vizard
16- Forbidden
Rappel :
17- Xanadu
18- Lilac Of Damnation
19- Deus Ex Machina
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Moi dix mois - Paris 2007

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