THE BACK HORN - Liv Squall

chronique - 08.07.2012 07:00

Au bonheur du bassiste.

La musique de THE BACK HORN puise ses influences dans le thrash, de par la présence insistante de la batterie, et le J-rock, reconnaissable entre autres grâce à la voix perchée d'un chanteur immédiatement identifiable et à une musicalité joyeuse. Vous avec déjà dû l'entendre sans le savoir, puisque cette formation forte de plus de dix années de présence a contribué au premier ending de Mobile Suit Gundam 00 avec Wana, un titre défoulant, qui suivait le calme opening Daybreak's Bell de L'Arc~en~Ciel que vous n'aurez pas manqué de repérer, tellement apprécié que ce dernier fut ensuite réutilisé pour le même anime, mais cette fois-ci à la fin de chaque épisode. En ce mois de mai succédait ainsi à l'extrêmement varié Asylum la dernière production du groupe, Liv Squall. L'historique étant tracé, voyons dès à présent comment son nouvel album tire son épingle du jeu.

Pas facile de suivre les traces d'un hit. Comment lancer une nouvelle série ? Comment ne pas décevoir dès les premières minutes ? Bizarrement, le groupe a décidé de prendre son public à revers avec ce Träumerei qui, comme son nom l'indique aux germanistes, se veut rêverie. Mais pas pour longtemps ! En effet, à l'arrivée de la batterie, instrument phare de la formation, tout change : le rythme mené tambour battant par Matsuda Shinji s'emballe, les accords légers de la guitare se métamorphosent en un shred violent qui calque le tempo de la version surf-rock de Misirlou, qui n'est ni plus ni moins que le générique de Pulp Fiction interprété par The King of Surf Guitar, Dick Dale ! Avec cette piste d'introduction, THE BACK HORN ne cherche même pas à noyer le poisson : à la fois douce et violente, Träumerei se place là où elle doit être, entre rêve et cauchemar.

La première partie de l'opus ne fait pas dans la dentelle en terme d'originalité, en témoigne l'introduction funky de Sirius et son plaisant bridge qui dépasse la minute. Les soli font participer la basse d'Okamine Kohshu et le break d'Itsumo no DOOR o rappelle les ballades d'Acidman, un autre groupe injustement rangé dans la case punk-rock alors qu'il a tellement plus à proposer ! Après Kaze no uta et ses quatre harmoniques d'introduction, un geyser d'ambition jaillit et éclabousse à tout venant. Vous les sentez bien les années 80 ? Impossible de répondre non tant l'instrumentation de Hoshi furu yoru no BEAT est réminiscente d'une période où le jazz et le rhythm'n'blues frayaient ensemble. La basse est clairement à l'honneur dans ce morceau : une ligne mélodique complètement démente, du slap, un break disco en diable, des soli de Suganami Eijun à la guitare vraiment bons pour du "simple" J-rock... Ce morceau est une perle dans l' univers de THE BACK HORN et on en redemande !

Liv Squall semble ensuite partir sur des chemins un peu moins inventifs et préfère laisser parler la poudre, à défaut de continuer sur sa lancée. Les belles expérimentations laissent place à une sonorité sombre inspirée d'Asylum, beaucoup plus axée punk-rock avec voix saturée de Yamada Masashi et ligne de basse répétitive mais intéressante malgré tout. Oh, bien sûr tout n'est pas délaissé : Jiyuu livre une mélodie prenante, et quelle ligne de basse ! La suite malheureusement ne se vêt pas de la même originalité, et deux rocks sans véritable envergure achèveraient l'ouvrage de la façon la plus banale possible si Music n'avait pas été là. Ce rock festif met fin à un album pas trop mal construit au final, un coup de cœur bien plus ambitieux et fourni que le dernier the pillows.


Asylum sortait il y a un peu moins de deux ans et THE BACK HORN y livrait déjà toute brute sa vision de la musique, étirée sur onze pistes variées. S'y mêlaient rocks sombres, ballades pianistiques, sons grunge et morceaux plus joyeux, dont un rock'n'roll à l'ancienne, qui ont su exciter la critique et en tirer tout leur parti. De retour avec Liv Squall, la formation retrouve un son plus posé, toujours caméléon, coloré de toutes les teintes que sa musique a accumulées au fil des ans. Tantôt reposant, touchant, acrobate, violent, cet opus inventif est d'une finesse absolue. Le groupe n'a de cesse de surprendre au fil des chansons et l'homogénéité serait parfaite sans ce final un peu décevant. Les Japonais livrent cependant un canevas de lignes de basse et de riffs punky-funkylicious envoûtants, les instrumentistes vont apprécier ! Ne passez pas à côté de ces qualités, ce disque a beaucoup à donner. L'album du groupe à posséder absolument après Asylum ! Une très belle réussite.
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