MIYAVI - Samurai Session vol.1

chronique - 10.01.2013 06:00

C'est l'heure du du-du-duel !

MIYAVI est un musicien de la race de ceux qui, bourrés, jouent aux dés pour appeler au hasard des gens de leurs carnets d'adresse et qui s'en accommodent. Aaah ! Il est loin le temps où d'un coup de casquette, il nous faisait vibrer sur un pop-rock enivrant. Aujourd'hui, l'homme a opté pour un son electro-jazzy-classico-punk à nous faire perdre la foi en la musique structurée.
Mais alors pourquoi en redemande-t-on sans cesse ? MIYAVI est un samurai, doué dans l'art de nous faire oublier ses erreurs passées. Voici ces combats.

Ceci est un message de Tokyo pour le reste du monde.
L'album contient sept pistes, présentées comme des versus entre MIYAVI et des musiciens d'horizons aussi divers que contradictoires. Les compositions sont courtes, les combattants ne s'attardent pas car il s'agit de confronter les styles de manières explosive et rapide.
A la guitare et à la voix, MIYAVI maltraite ses cordes et nous emmène dans un univers en constante évolution. Les premiers coups sont donnés par un son rendu hystérique par les hurlements et les jeux de platine électro des adversaires, comme sur Ganryu et Strong. Sur Day 1, l'écho utilisé introduit tour à tour le pop rock de ses jeunes années et la musique électronique du français Yuksek. Avec Silent Anger, HA NA BI et PLEASURE!, il lie à ses compositions rythmées, le son classique japonais ou le jazz nerveux.

Le maître dirige son combat avec un fil rouge, sa guitare et son slapping. Mais MIYAVI ne semble plus se satisfaire de sa musique, il pousse la ballade où le son énervé à l’extrême, y introduisant l'hystérie ou le calme de la tradition nippone. Le résultat est déroutant et il est dur de s'accrocher à un album aussi hétérogène, que le compositeur lui-même n'a pas l'air de maitriser. La conclusion est d'une douceur en contradiction totale avec le reste de l'opus, comme la surprise finale, le cadeau de ceux qui sont restés jusqu'à la fin. Le combat est fini, on peut se reposer.

Après plusieurs passages, je suis partagée entre l'envie de dénoncer MIYAVI à Yngwie Malmsteen et celle de réécouter l'album. Car Samurai Sessions vol.1 se révèle étonnant, la diversité qu'il offre est déstructurée et pas toujours de très bon goût mais a son intérêt. Cet opus est un laboratoire, les expériences ne sont pas toutes réussies mais ont le mérite d'y être, et certaines se révèlent même être un délice.
Samurai Sessions vol.1 semble en tout cas remplir sa fonction et libère encore une fois MIYAVI de son image d'artiste de visual kei. Mais cette phase transitoire s'éternise d'album en album et il serait bon qu'il se stabilise dans un genre qu'il pourra explorer de sa voix chevrotante.


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