girugamesh - Monster

chronique - 10.02.2014 06:00

Un nouvel espoir ?

Ça y est ! Deux ans après Go, le groupe de rock industriel girugamesh sort enfin de son mutisme avec un nouvel album intitulé Monster. On ne va pas se leurrer, le groupe avait vraiment besoin de cette pause afin de se remettre en question, et de rafraîchir son identité musicale.
Dans sa vidéo promotionnelle postée par la chaîne GanShinRecordsTv, le groupe confie s’être senti plus épanoui et plus libre durant le processus de création et de production de l’album.
Giru veut donc faire passer un message fort : le nouvel opus va décoiffer !

La promesse est-elle au rendez-vous ?

On démarre tout de suite avec l’INTRO. Un sample électro lancinant qui nous fait sentir insidieusement que c’est la fin d’une époque. Il est rapidement remplacé par des riffs endiablés qui, au fur et à mesure, sont accompagnés par un fond dubstep. Le message est clair, le groupe compte mettre le feu ! Pourtant, on ne peut s’empêcher de se demander si le piège commercial ne le guette, ou pire, s'il ne risque pas de perdre en authenticité.


Qu’en est-il réellement ?

On connaissait déjà trois titres tirés de singles antérieurs : ZANTETSUKEN, un morceau énergique mais ô combien fade; ZECCHOU BANG, empreint de légèreté et d’une bonne humeur communicative; et INCOMPLETE, où l’on peut apprécier une grande variété de styles, tantôt funky, tantôt rap, tantôt rock/dub, mais aussi appréhender la nouvelle orientation musicale de la formation.

Passons aux nouveautés ! Après plusieurs écoutes, on peut nettement discerner trois catégories :

- Les tops !

En dehors de INCOMPLETE et ZECCHOU BANG, nous pouvons inclure deux nouveaux morceaux.
Premièrement, VOLTAGE, qui s’avère jouissif : breaks énergiques, refrain accrocheur...en bref, l’écouter c’est l’adopter.
Et deuxièmement, RESOLUTION, qui nous propose un bel exemple du syncrétisme musical opéré entre le girugamesh que l’on connait et les évolutions musicales propres à cet album. Plus épurée, cette chanson est une bouffée d’oxygène.

- Les « je ne vais pas jusqu’au bout de l’idée et je te laisse sur ta faim »

Commençons avec DRAIN, le dernier clip promotionnel. Le morceau débute et là ! Un sentiment de déjà-vu s’installe, avec des sonorités électro qui nous donnent envie de crier : Fear and Loathing in Las Vegas sort de ce corps ! La chanson reste riche en variations instrumentales et sur le plan vocal. Malgré tout, on est en droit de se demander si les girugamesh qui, quelques années auparavant s’étaient démarqués, n'auraient pas sacrifié leur singularité au profit des tendances musicales actuelles.
Poursuivons avec ANTLION PIT, un défouloir où tout le monde se lâche. Le groupe y est décomplexé. Néanmoins, un sentiment de lassitude commence à se faire sentir quant à la linéarité instrumentale qui nous installe dans une routine sans surprises.
En ce qui concerne BAD END DREAM, la démarche est intéressante bien que la piste soit inégale. Elle mêle bons moments : super passages rap/rock, rap/funky, ainsi qu’un petit solo de guitare sympathique, et moments d’agacement : refrain bâclé, riffs redondants.
Pour finir, la dernière piste ALONE (la seule piste que l’on peut considérer comme une balade dans cet album), débute sur une intro géniale, mélangeant guitare acoustique, piano, batterie, sous couvert de quelques effets. Ça y est, on la tient la chanson atypique!... Quoique non en fait... L’intro laisse place à une chanson agréable mais sans grande originalité. Au final, c’est un peu à l’image de cet album : plein de bonne volonté, avec des passages étonnants et de qualité, mais qui n’arrive pas à décoller.

- Les flops

Malheureusement, quelques chansons sans saveurs viennent entacher l’album. Ainsi sont nominées pour les prix de la lourdeur, de la linéarité et de la banalité ZANTETSUKEN, LIVE IS LIFE et ANOTHER WAY.
.
Le petit + qui fait plaisir !

Gage de bonne volonté envers les fans du Vieux Continent, la version européenne de l’album contient en bonus les deux très bonnes pistes présentes dans le single INCOMPLETE, à savoir TALK et LIMIT BREAK.

Au final, ce dernier opus nous laisse dubitatif. Loin d’être mauvais, il n’en demeure pas moins qu’il ne réussit pas à nous faire vibrer à la manière d’un 13’s reborn ou d’un MUSIC.
Quoi qu’il en soit, les girugamesh fêtent leurs dix ans et nous livrent par la même occasion un album qui, bien que comportant quelques faiblesses, répond à la promesse faite aux fans : un travail plein d’énergie et d’investissement.
Le pari du renouveau est loin d’être gagné, mais on peut être sûr que la tournée internationale du groupe cette année promet des shows détonants !


Globalement cet album mérite un honnête 6,5/10
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