Présentation et rapide historique de la musique japonaise traditionnelle

dossier - 09.04.2007 08:00

Les caractéristiques principales et un rapide historique de la musique japonaise traditionnelle

Présentation

La musique traditionnelle japonaise n’est souvent considérée que comme un ersatz de la tradition musicale chinoise, d’autant plus lorsque la conception de celle-ci se limite pour certains à la musique d’ambiance des traiteurs asiatiques. Certes, comme dans de nombreux domaines, les Japonais ont très largement emprunté à l’Empire du Milieu, au niveau de la théorie comme des instruments, mais l’on peut noter que les influences sont également venues de tout l’Extrême-Orient, et parfois même du Moyen-Orient. Il est plus juste de préciser que comme pour beaucoup d’autres arts et techniques, l’archipel n’a importé que pour mieux transformer et adapter à ses propres goûts, aboutissant ainsi au fil des siècles à une tradition nationale propre. Aussi, quiconque tendra une oreille attentive saura saisir les aspects spécifiques de la musique japonaise, même au sein des familles musicales d’Asie.

Tentons de présenter sommairement ses caractéristiques : la première réside dans son relatif statisme, son caractère très ancien, l’archipel étant traditionaliste de nature. Cette stabilité musicale se traduit d’ailleurs pleinement dans sa musique la plus noble, le Gagaku.
Notons également l’importance accordée au chant : véritable lien des différents genres, c’est lui qui tisse l’éventuelle mélodie, et l’instrument se contente de le mettre en valeur, non par harmonie, mais par esquisses musicales. Le traitement vocal dans sa variété est également surprenant : psalmodies, déclamation d’une théâtralité abusive, oscillations dangereuses… La musique japonaise a ainsi débuté par la tradition de la voix, qui ne s’est trouvée rejointe par un instrument que bien plus tard.
Les formations orchestrales sont rares, et lorsqu’elles existent, elles sont rarement harmoniques, se complaisant dans une démonstration polyphonique, ce qui a longtemps pénalisé l’étude de la tradition de l’archipel par les Occidentaux, désarmés devant une organisation à priori sans correspondances musicales.
La tradition musicale japonaise est également fortement liée aux événements de la vie : elle accompagne les cérémonies religieuses ou est également totalement liée à la danse et au théâtre – non pas que la musique ne soit pas considérée comme un art en lui-même, mais plutôt parce qu’elle rejoint une volonté de fusion des arts de la représentation.
Cette parenté avec l’art de la danse a certainement contribué à la naissance d’un autre de ses caractéristique, à savoir une richesse de rythmes exceptionnelle, qui se rejoindrait presque celle que l’on peut trouver en Inde.
Enfin, la musique japonaise traditionnelle a fortement été théorisée, en tant qu’art noble. Les instruments, considérés depuis les débuts comme des cadeaux des Dieux, ont souvent été rares car fort coûteux, et les diverses formations musicales ont, aux travers des siècles, toujours été pensées et organisées par les élites politiques ou religieuses, et ce même pour la plupart des formes populaires.

Rapide historique

L’histoire de la musique traditionnelle japonaise peut se découper selon les grandes périodes de l’histoire du Japon : son évolution a suivi les différentes périodes d’ouvertures et d’isolation de l’archipel. Elle débute dès la préhistoire sous forme archaïque, dont on ne sait grand-chose, excepté le fait qu’elle était liée à une certaine pensée religieuse, ou du moins aux croyances primitives d’alors, et qu’elle était associée au moins à un art, celui de la danse. Au contact progressif du continent, commençant par la Corée puis s’étendant à la Chine, la musique va se développer progressivement, d’abord jouée par des musiciens étrangers. Les témoignages seront évidemment de plus en plus nombreux à partir de l’importation de l’écriture et du bouddhisme, au milieu du 6e siècle : différents styles musicaux sont importés, et progressivement reproduits. Ce n’est cependant qu’en 701 qu’un département de la musique sera officiellement établi au Japon, et que l’orchestre de la Cour se met en place : les différentes techniques musicales commencent alors à être assimilées, transformées pour correspondre au goût nippon, et l’on se met également à écrire sur le modèle continental. L’arrêt des ambassades vers la Chine et donc la fermeture relative de l’archipel au continent a contribué à ce que se développent des compositions vocales originales les siècles suivants.
Du 12e au 16e siècle et avec les guerriers au pouvoir, le goût japonais pour la musique évolue, et l’on délaisse les musiques de cour pour des musiques plus rustiques et populaires.
Avec l’arrivée de l’époque d’Edo (17e siècle), une musique véritablement japonaise se développe, en parallèle à l’arrivée de nouveaux instruments tels que le shamisen ou le shakuhachi. Différents genres émergent, notamment les musiques liées au théâtre.
Avec l’ouverture du Japon au monde en 1868, la musique occidentale arrive sur l’archipel et influence les styles japonais, mais il faut attendre 1920 pour que des musiciens japonais se mettent réellement à des instruments occidentaux tels que le piano ou le violon.
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