MONO en Estonie

interview - 21.08.2008 08:00

Une interview avec le groupe MONO avant son concert au festival Plink Plonk en Estonie.

JaME a eu l'opportunité d'interviewer le guitariste Takaakira "Taka" Goto du groupe post-rock MONO avant son concert au festival Plink Plonk à Tartu, en Estonie.

Merci d'avoir accepté de nous rencontrer. Aujourd'hui, vous allez jouer à un festival en Estonie. Comment cette occasion s'est-elle présentée à vous ?

Taka : Nous avions annoncé, l'année dernière peut-être, que nous ne ferions plus de tournées en 2008 et que tout cela commençait à nous ennuyer. Puis quelqu'un nous a contactés et nous a invités à ce festival. Il nous a dit : "Vous voulez y participer ?" et nous avons dit oui, parce que nous y étions jamais allés. Et aussi, vous connaissez Arvo Part ? C'est un compositeur. Je suis un très grand fan de lui. Il est né là-bas. Enfin, pas exactement, il est né à Tallin. C'est pour ça que cela m'a beaucoup intéressé.

Alors, qu'est-ce que vous en dites ?

Taka : C'est complètement différent de Tokyo. Nous étions à Singapour il y a une semaine, mais cela ressemblait beaucoup à Tokyo, trop grand et trop propre. Mais ici, c'est comme un petit village, je me sens trop bien ! (rires)

Lors de votre dernière tournée, mais aussi depuis, vous avez visité de nombreux pays que vous ne connaissiez pas jusqu'alors. Comment cela s'est-il passé ?

Taka : En fait, nous voulions faire des concerts dans certains pays d'Asie parce que nous n'en avions pas eu l'occasion depuis longtemps, bien que nous ayons beaucoup été en tournée. Aussi, même s'ils sont très proches du Japon, nous n'avions pas pu aller dans des endroits comme l'Indonésie, la Malaisie ou Singapour. Nous ne nous y attendions pas, mais maintenant les gens ont vraiment envie de nous voir. D'ailleurs, je ne m'attendais pas non plus à ce que l'on me dise, à chaque interview, des choses comme "Vous savez ce qu'est le post-rock ? C'est très populaire ici." Je ne le savais pas, mais dans chaque pays où nous sommes allés, beaucoup de gens sont venus nous voir en concert. C'était vraiment génial.

Quand vous partez en tournée, que représente le public à vos yeux ? Que vous apporte-t-il ?

Taka : Il nous donne de l'énergie, tout simplement. Il nous donne vraiment confiance en nous. Ces derniers temps, nous étions inquiets parce que nous avons commencé à composer de nouvelles chansons et parce que nous voulons nous améliorer avec le prochain album. Nous voulons du changement. Quand nous sommes au Japon, à répéter en studio et à réfléchir, j'ai le sentiment de perdre confiance en moi et je m'inquiète beaucoup. Mais quand nous sommes en tournée, nous pouvons voir nos amis et nos fans tous les jours. On se dit alors "Nous pouvons le faire !". Les gens me donnent toujours de l'énergie.

Et que voulez-vous leur apporter ?

Taka : Nous n'avons pas beaucoup changé. Nous voulons toujours leur faire plaisir. Certains pleurent et ferment les yeux, d'autres crient... Nous voulons nous exprimer à la manière d'un film. Quand personne ne parle, que tout le monde est vraiment à fond dans notre musique et très respectueux... J'ai le sentiment qu'un lien se créée avec le public. Parce que nous sommes humains, tout simplement, et vous aussi. Nous ne faisons pas vraiment dans le divertissement. (rires)

Que ressentez-vous quand vous êtes sur scène ?

Taka : En concert, on n'a le contrôle de rien. Dans la vraie vie, on ne peut pas beaucoup pleurer. Des fois, même si j'ai envie de pleurer, je ne peux pas. Et quand j'ai de quoi me plaindre, je ne le fais pas, parce que je ne suis plus un enfant. Mais à travers la musique, nous pouvons tout exprimer.

Vous faites beaucoup de tournées. N'avez-vous jamais envie de vous arrêter et de vous reposer ?

Taka : Non, pas du tout ! En fait, nous avions l'intention d'essayer de nous reposer cette année... mais nous n'avons pas pu ! (rires)

Exactement ! Vous aviez dit que vous ne feriez pas de tournée afin de vous concentrer sur l'enregistrement, mais apparemment, vous allez participer à de plus en plus de festivals !

Taka : (rires) Oui, malheureusement, ou heureusement, nous recevons toujours de nombreuses invitations. Mais si les gens le veulent vraiment, nous nous devons de le faire. Surtout si, comme maintenant, c'est la première fois que nous allons dans un pays.

Votre prochain album devrait sortir bientôt. Quels en sont les principaux thèmes ?

Taka : Je voulais faire un album plus positif, plus optimiste et non pas sombre. Mais je ne sais pas, il se peut que les gens le trouveront quand même sombre. (rires) Je pense qu'en 2009, les gens voudront quelque chose d'encourageant. L'atmosphère qui règne à travers le monde est très inquiétante. Tout le monde broie du noir. Les gens voudront quelque chose qui puisse leur redonner espoir. C'est pourquoi j'ai voulu donner cet aspect à ce nouvel album.

Quelles ont été vos inspirations ?

Taka : Le thème de notre musique est toujours particulièrement sombre. Nos chansons sont toujours comme un tunnel ; c'est comme si les gens marchaient dans un long tunnel sombre, qu'ils finissaient par apercevoir un peu de lumière et qu'ils disaient : "Nous l'avons enfin atteint !". Mais pour notre prochain album, je veux exprimer quelque chose d'un peu plus joyeux. Désolé, mais je ne peux pas l'expliquer. (rires)

Oui, c'est difficile. Cela rend ce nouvel album différent des précédents. Est-ce qu'il y a d'autres choses qui diffèrent également ?

Taka : Ca va être plus symphonique. Nous avons déjà enregistré quatre chansons accompagnés d'un orchestre avec Steve Albini, à Chicago. Ca sonne vraiment comme une symphonie, comme dans une église, mais en plus puissant. Ça fait plus musique classique, mais tellement bruyant ! (rires)

En fait, nous ne savons que peu de choses à propos de cet album, si ce n'est qu'il devrait sortir bientôt. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Taka : Eh bien, il sortira certainement au mois de mars en Europe, puis en avril au Japon, aux Etats-Unis, et au Canada, peut-être. Et nous allons préparer une longue histoire. Nous écrivons toujours une histoire en accord avec la musique, mais nous ne la montrons pas ; nous ne la mettons jamais dans le CD. Nous ne donnons que des indices, en quelque sorte, comme les illustrations par exemple. Toutefois, je pense que la prochaine fois, nous ajouterons une vraie histoire, comme un livre. Je pense que cela permettra aux gens de mieux comprendre.

Ce serait bien. Le design des pochettes de vos CD sont toujours intéressants. Comment faites-vous ? Qui s'occupe du design ?

Taka : Il s'agit du même designer qui travaille pour le groupe Explosions In the sky. C'est un bon ami à nous. Je lui envoie toujours l'histoire en plus de la musique, et j'écris quelques unes de mes idées, du genre "J'aimerais que tu dessines un homme allongé dans la neige", ou quelque chose comme ça.

Nous posons cette question à chaque interview, mais bon, comment composez-vous votre musique ? Je veux dire, de quelle façon chaque membre participe-t-il ?

Taka : Eh bien, au début, je fais une demo que j'envoie aux autres membres. J'écris comme si je décrivais une scène de film. Ensuite, on commence les sessions. Ils ont déjà leurs idées à propos de l'histoire... et voilà ! (rires) Ils sont comme une famille pour moi, il est donc facile pour eux de comprendre ce que j'imagine.

Lors de votre dernière tournée, vous êtes allés en Russie...

Taka : Oui, enfin !

Comment c'était ?

Taka : Très bien. Mais par rapport aux interviews, les Russes... ne sont pas très bons. (rires) C'était très amusant en tout cas. Nous étions à peine arrivés vers minuit, nous sommes allés directement à l'hôtel, nous nous sommes réveillés et nous sommes directement allés à la salle de concert. Ils ont commencé à me poser plein de questions : "Que pensez-vous de la Russie ?", j'ai répondu "Vous savez, je viens d'arriver, je n'ai pas encore pu me faire une idée. Il fait froid en tout cas." Ils m'ont dit : "Quoi ? Vous devez nous dire ce que vous pensez de la Russie !", j'ai dit "Je suis désolé, je viens d'arriver." D'un coup, ils se sont mis en colère contre moi ! Ils ont dit : "Ok, l'interview est annulée." (rires)

C'est horrible !

Taka : Oui, c'était pour la télévision. Même si c'était une interview télévisée, ils l'ont annulée ! Je suis désolé. (rires) Non mais le public était vraiment super. Je pense que les Russes sont très émotifs.

Vous avez sorti gone en Russie et vous deviez sortir You Are There. Ce sera pour quand ?

Taka : Oui, nous attendons toujours ! Je n'en ai aucune idée. C'est un assez grand label, mais nous attendons toujours. En fait, il devait sortir l'année dernière, mais cela ne s'est pas fait.

Avez-vous l'intention de sortir d'autres CD en Russie ?

Taka : Peut-être. Je pense que nous sortirons notre prochain album là-bas aussi, mais nous n'en sommes pas sûrs... à cause de You Are There ! (rires)

Bien, espérons que ça va marcher ! Vous avez dit qu'il y a un côté cinématographique dans votre musique, et votre chanson A thousand paper cranes est sur la bande originale d'un film. Que ressentez-vous à ce sujet ?

Taka : C'est une bonne chose, je trouve. Nous avions commencé à composer cette chanson après le 11 septembre, en 2002 ou en 2003 environ, et à l'époque, nous n'accordions aucune confiance aux Japonais. J'avais vraiment envie de me cacher, du genre "Je ne suis pas Japonais !" (il se cache le visage avec ses mains). Nous avions envie de donner des concerts en Europe et aux Etats-Unis, mais nous ne pouvions pas jouer à l'étranger parce que nous sommes Japonais. C'est bizarre, parce que des groupes européens et américains venaient souvent au Japon pourtant, mais les labels européens et américains ne voulaient pas de groupes japonais. J'en avais envie pourtant ! C'était mon rêve de pouvoir jouer dans le monde entier et que les gens écoutent mes CD. Quoiqu'il en soit, nous avons commencé à faire des tournées aux Etats-Unis et en Europe, et nous avons joué devant un public allant de dix à cinquante personnes environ. Puis, ça a soudainement augmenté, dans la mesure où de nombreux fans ont commencé à venir. Finalement, nous avons réalisé que nous pouvions le faire, nous pouvions créer un lien avec le public, en ne tenant compte ni des frontières, ni des cultures, ni de l'histoire, ni de la langue.

Ensuite, j'ai voulu expliquer certaines choses à propos du Japon. Je me demandais quelle serait la meilleure façon de communiquer. Je vivais près de Hiroshima, tout près du musée de la bombe atomique, et à cinq minutes à pied de l'endroit où elle était tombée, où j'allais souvent d'ailleurs. J'ai décidé de parler de l'histoire de la bombe atomique, parce que c'était la première fois où j'avais confiance en moi. "Nous sommes Japonais, nous voulons expliquer certaines choses à propos du Japon." Ensuite, nous avons commencé à interpréter la chanson, décrivant l'histoire de A thousand paper cranes, de la Seconde Guerre Mondiale, de Hiroshima... Bien sûr, lors des interviews, on nous demandait toujours "Est-ce de la propagande ?" ou quelque chose comme ça, ce n'était pas facile. C'était même très dur. Mais je voulais juste l'expliquer, en toute amitié : c'est comme vous et moi ; l'amitié pourra protéger le monde. De même, la Russie et le Japon, même si nous devons nous battre, je ne veux pas me battre avec vous, parce que nous nous connaissons. C'est comme ça, c'est simple. Dans le CD, nous avions mis les instructions pour faire des cranes en papier, et après sa sortie, quand nous étions en tournée en Europe et aux Etats-Unis, tout le monde faisait des cranes en papier et nous les apportait. Je pense que c'est bien qu'ils protègent le monde. Je réfléchis beaucoup à l'amitié.

Cette chanson a été utilisée dans le film Snow Angels : comment cela s'est-il fait ?

Taka : Nous avons simplement reçu un e-mail... En fait, je n'ai pas vu le film. (rires)

Alors ça ne vous intéresse pas trop de composer de la musique pour des films ?

Taka : Si, si, bien au contraire ! Mais quelque part... ils ne m'ont pas envoyé le film. J'ai envie de le regarder, mais j'attends toujours.

De nombreux fans se demandent ce que dit la femme dans la chanson Black Rain...

Taka : Les paroles ? La chanteuse fait partie du groupe Uzeda, un groupe italien ; nous sommes amis. Quand ils se sont produits au Japon, ils sont restés chez moi pendant deux semaines. On traînait ensemble, on parlait de musique, de la vie, d'amour, de tout. A ce moment-là, je travaillais sur la demo de Black Rain ; c'est comme ça que j'ai eu cette idée. Je lui ai demandé : "Est-ce que tu pourrais écrire les paroles et qu'on fasse l'enregistrement ensemble ?", et elle a dit oui. J'essayais d'expliquer l'histoire de Hiroshima, mais rien en particulier. Je pense que c'était juste son imagination... Aussi, je ne pense pas que nous devons tout expliquer. Un peu de mystère donne envie aux gens de s'y intéresser plus.

J'ai entendu parler de votre projet solo, Left. De quoi s'agit-il exactement ?

Taka : (rires) C'est tout sauf sérieux. Parce que j'ai fait l'album en un seul jour, c'est comme une expérience. Je n'ai pas mangé, ni dormi ; je n'ai fait que fumer et j'ai juste improvisé pendant vingt-quatre heures. De plus, je ne l'ai pas sorti officiellement ; j'avais juste mis en place un système de commande par e-mail pour le Japon, mais des Européens et des Américains l'ont acheté sur eBay ou quelque chose comme ça...(rires) Ne l'écoutez pas, c'est vraiment ridicule. C'était juste une expérience.

Alors, vous n'avez pas l'intention de continuer ce projet solo ?

Taka : Non. Mais c'est comme une habitude, je suis constamment en train de composer des chansons.

Lors de notre dernière interview, vous aviez dit quelques mots à propos de la musique et du commerce, et il semble que vous ayez une opinion assez tranchée à ce sujet. Pouvez-vous développer ?

Taka : Bien sûr, le business, c'est le business, pareil pour la musique ; tout le monde a besoin d'argent. Je ne veux pas faire de musique pour l'argent, mais j'ai besoin d'argent. C'est assez bizarre. Si un grand label major voudrait me contrôler, du genre : "Tu dois écrire une chanson qui sera un hit" ou quelque chose comme ça, je dirai "Non !", mais si nous n'avions pas d'argent, nous devrions trouver du travail et nous ne serions pas capables de nous concentrer sur notre musique. C'est comme ça.

De nombreuses personnes sont venues vous voir en concert, et vous travaillez avec des personnes relativement célèbres comme Steve Albini. N'est-il pas difficile de garder les pieds sur terre et de se concentrer sur la musique ?

Taka : Je pense que tous ceux qui font de la musique veulent le succès. Chaque groupe et chaque artiste veut que les gens écoutent sa musique. Moi, je m'en fiche, je ne fais que composer des chansons. Heureusement, de nombreuses personnes apprécient notre groupe, et c'est pourquoi nous pouvons continuer à sortir des albums et à partir en tournée. Nous n'avons aucun contrôle sur ça, tout vient naturellement. Aussi, quand on me demande : "Quel est ton rêve ?", je répond "Mon rêve, c'est le présent." C'est comme si j'étais constamment dans un rêve. Je n'ai pas peur. Je ne m'inquiète absolument pas de tout ce qui touche à la musique. J'ai toujours la musique en tête, et je veux l'exprimer, parce que j'imagine beaucoup, et parce que sinon... (il fait comme si sa tête explosait). Mais je ne m'inquiète pas pour notre futur.

Que pensez-vous des groupes japonais en général ?

Taka : Récemment, il y a de nombreux groupes instrumentaux et certains magazines de rock connus ont sélectionné des artistes, du genre : "La scène rock instrumental a fait son apparition !". Hé, ça fait quoi, dix ans que nous avons commencé ? Alors c'est seulement maintenant ? Et il y a beaucoup de groupes qui copient MONO, mais je trouve que ce n'est pas un mal. Il y a dix ans, quand nous avons commencé, nous ne pouvions même pas jouer dans une petite salle, parce que nous n'avions pas de chanteur. C'est toujours comme ça dans la culture japonaise, c'est très lent. La culture américaine est là (il lève la main au-dessus de sa tête), la culture japonaise est là (il descend sa main beaucoup plus bas). C'est pourquoi nous avons commencé à jouer aux Etats-Unis, et maintenant, tout le monde connaît MONO. Parce que nous jouons aux Etats-Unis et en Europe, et que d'autres groupes japonais, non. C'est typique au Japon. Maintenant, dix ans après, les gens sont là, "Vous connaissez MONO ? Vous connaissez MONO ?". Mais nous n'avons pas changé, nous faisons de la musique, c'est tout. Je ne me préoccupe pas des chiffres ; par exemple, maintenant, quand nous faisons un concert au Japon, il y a 1500 personnes, et peut-être que dans deux ans, il n'y aura plus que 200 personnes, mais cela n'aura aucune importance. Rien n'est sous contrôle.

Alors, votre prochaine tournée est prévue pour quand ?

Taka : Après la sortie du nouvel album, nous allons commencer une tournée au Royaume-Uni mi-mars, puis en Europe en avril/mai, etc. Nous commencerons la tournée au printemps et nous continuerons comme ça pendant six mois.

Comme d'habitude. Comme vous l'avez dit, l'année prochaine, cela fera dix ans que MONO existe. Avez-vous l'intention de faire quelque chose de spécial ?

Taka : Oui. Je peux peut-être le dire maintenant. Nous allons donner un concert spécial à New York, avec un orchestre, dans une grande église. Ce sera un concert unique ; il aura lieu au mois de mai.

Un petit message pour vos fans ?

Taka : Nous avons hâte de vous voir. J'adore ça, ça nous rapproche. Depuis peu, j'arrive enfin à reconnaître les gens qui assistent à chaque fois à nos concerts. Je me souviens même de leurs noms. Nous sommes impatients de vous voir.

Merci de nous avoir accordé un peu de votre temps.

Taka : Merci beaucoup !


JaME tient à remercier MONO, Reiko Kudo et Joris de Conspiracy Records.
Merci à Darina Chesnokova pour l'assistance technique.





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